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DJI SUS / KZIN

Je suis le fruit de parents wallons ayant déménagé à Bruxelles, des grands-parents maternels agriculteurs ayant immigré en Wallonie depuis van bachtn de kuppe (achter de kuip, ou en français, litt. derrière la cuve, situé en Flandre-Occidentale délimitée par l'Yser, la côte belge et la frontière française), des grands-parents paternels profondément enracinés en terre wallonne, bien que mon grand-père biologique reste un mystère, perdu dans les méandres de l’histoire.

 

J’estime avoir été éduqué avec des valeurs justes et essentielles pour la vie. Ils m’ont toujours enseigné l’importance de travailler dur à l’école (même si ce n’étais pas du tout ma tasse de thé) et d’économiser mon argent. Mes parents nous ont inculqué des habitudes responsables tel que trier les déchets, éviter le gaspillage de l’eau, éteindre les lumières inutiles, et fermer les portes pour conserver la chaleur.

Très tôt, ils nous ont transmis la valeur de la responsabilité. Quand la facture téléphonique s’emballait à cause de nos longues discussions, nous devions en assumer les conséquences et y contribuer. Ils nous ont aussi appris à repasser nos vêtements et à ranger notre chambre dès l’enfance.

 

À partir de la sixième primaire, une nouvelle étape de notre autonomie: rentrer seuls de l’école. Puis on nous a confié un peu d’argent à gérer, un exercice précieux pour comprendre la valeur de l’économie. Mon père, amusé par ma prudence financière, m’appelait souvent "Picsou". Il est vrai que, vivre chez mes parents tout en travaillant m’a permise d’apprendre à gérer mon propre portefeuille. j’économise ou je dépense?

Je me souviens encore du jour où j’ai quitté la maison pour vivre seule. Ce moment m’a forcé à lâcher prise, à me confronter à la réalité. C’est là que tout a pris sens : le travail, l’argent, les efforts. Peu à peu, j’ai découvert à quel point la vie pouvait être cher, et combien il fallait être créatif pour s’en sortir sans se ruiner.

 

Pour meubler mon premier appartement, j’avais déjà accumulé un petit trésor d’objets rassemblé et conservé depuis l’enfance. Le reste des meubles sont des trouvailles en friperie ou ont été bricolés. Je l’avoue, je n’ai pas résisté à l’envie d’acheter trois petits meubles chez IKEA. Quand j’ai finalement emménagé dans mon propre appartement, dont je suis fièrement propriétaire grâce à mes grands-parents, mes parents et mes choix de vie, j’ai pris la décision de démonter aucun meuble IKEA. Je savais qu’ils ne survivraient pas au déménagement ! Malgré tout, j’ai dû y retourner pour acheter des pièces détachées et réparer un meuble, qui tient encore bon aujourd’hui.

 

Depuis, cela fait cinq ans que je me perfectionne. J’apprends chaque jour comment reconditionner ou bricoler, économiser et réutiliser l’eau, comment réduire, recycler ou réemployer les déchets, comment cuisiner avec un frigo presque vide, etc. J’ai découvert le plaisir de fabriquer mes propres produits ménagers écologiques, de créer du compost maison, et surtout, de cultiver une variété étonnante de plantes, fruits et légumes… sur un simple balcon de 5 m².

 

Chaque geste, chaque découverte, me rappelle d’où je viens. De cette éducation ancrée dans les valeurs simples et essentielles. Et chaque jour, je me rends compte combien ces apprentissages continuent de donner du sens à ma vie.

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